Votre enfant se jette par terre dans un magasin parce que vous refusez de lui acheter ce qu’il désire ?
Il pleure parce que vous lui demandez de ranger ses jouets pour passer à table ? …

Certaines situations peuvent être déroutantes, agaçantes voire même paralysantes ! C’est le cas lorsqu’on ne comprend pas la réaction de l’enfant face à une situation qui peut paraître peu importante pour nous, les adultes. Son comportement ou ses émotions nous paraissent alors disproportionnées.

Les émotions que l’enfant nous montre vont être l’un de ses premiers moyen de communication et permettent de rentrer en relation avec l’entourage. Elles sont vécues avec une grande intensité, c’est cela qui peut être déroutant. Cela s’explique par le fait que son système cérébral et cognitif n’est pas encore mature. L’enfant n’est donc pas encore en capacité de comprendre et de gérer ses émotions.

Sommaire

  1. Quelles sont les principales émotions ?
  2. Comment agir face aux émotions de mon enfant ?
  3. Prendre les émotions de l’enfant au sérieux
  4. Transposer l’émotion en mots
  5. S’adapter à l’enfant
  6. Quelques supports pour accompagner les émotions
  7. Les émotions de l’enfant : prendre du recul

Quelles sont les principales émotions ? 

La joie – la tristesse – le dégoût – la peur – la colère – la surprise.

Ces émotions dites “primaires” sont présentes dès les premiers mois de la vie. Ce n’est que plus tard, vers 15/24 mois que se développent d’autres émotions. Par exemple, celles qui sont liées à la conscience de soi vont développer la gêne ou encore la jalousie.

Les premières années et particulièrement lorsque l’enfant n’a pas encore accès à la parole, l’enfant va ressentir une vague émotionnelle qui va l’envahir. Il est alors dans le ressenti sans pouvoir comprendre réellement ce qui lui arrive. L’enfant exprime alors son vécu intérieur à sa manière, en fonction de son stade de développement, ses expériences et ses émotions.

A nous de décrypter ces signaux : par exemple il se crispe, pleure et se réfugie dans vos bras car il a peur.

S’occuper de l’autre, prendre soin de lui et se sentir responsable d’un être dépendant n’est pas chose facile ! Surtout devant l’intensité des émotions qu’il ressent.
Alors comment faire ?

Comment agir face aux émotions de mon enfant ?

Voyons la situation à travers les yeux de l’enfant pour tenter de mieux le comprendre. Quelques questions peuvent nous y aider :

  • Quel est son vécu ?
  • Que s’est-il passé ?
  • Que dit-il à travers son corps/la parole ?
  • Quel message ai-je envie de lui transmettre ?
  • Quel est mon objectif ?

La découverte et le développement des neurosciences nous permettent aujourd’hui de savoir que l’enfant est sensible aux attitudes bienveillantes et encourageantes. Les capacités empathiques de l’adulte vont donc avoir besoin d’être mobilisées.

Qu’est-ce que l’empathie ? L’empathie permet de comprendre ce que l’autre ressent sans pour autant se sentir submergé par ces mêmes émotions. C’est ce qui va être important pour être en capacité de l’accompagner.

Prendre les émotions de l’enfant au sérieux

L’enfant a besoin d’attention et d’être reconnu dans ce qu’il ressent pour pouvoir grandir et se construire. Eric BINET, psychologue clinicien, explique que consoler « ne signifie en aucune manière arrêter les pleurs. Consoler, c’est donner de l’attention, soulager des tensions résultant d’expériences passées ou présentes. Cette acceptation des pleurs ne va pas de soi et il n’y a malheureusement pas de recette pour l’intégrer »¹.

Lui dire : “Ce n’est pas grave” dans une situation qui le met très en colère ou le rend triste ne va pas correspondre à sa réalité du moment. Ce qu’il vit est grave pour lui. Ressentir des émotions n’est ni bien, ni mal, c’est un état de fait que l’on doit accueillir sans jugement.

Des paroles telles que : “ Je comprends que tu sois triste…” ou encore “Je ne comprends pas pourquoi tu cries mais je vois que cette situation te mets en colère…” vont pouvoir favoriser le dialogue. Elles vont offrir à l’enfant la possibilité de s’exprimer ou du moins de se sentir compris (s’il n’a pas encore accès à la parole par exemple).

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Transposer l’émotion en mots

L’enfant de moins de 2 ans n’est pas encore en capacité d’identifier ses émotions, de les comprendre ni même de les gérer. Cela va donc favoriser son apaisement. Un travail bien difficile, particulièrement lorsqu’il n’a pas encore accès à la parole. L’adulte va donc être le seul à pouvoir tenter de comprendre et de mettre en mots ses émotions toujours avec respect et bienveillance.

Les enfants s’imprègnent et apprennent des comportements des personnes qui les entourent. Vous êtes donc un guide pour lui : l’écouter pour qu’il sache écouter l’autre à son tour.

S’adapter à l’enfant

Plus l’enfant est jeune, plus il sera nécessaire d’utiliser des phrases courtes et simples afin de lui transmettre un message clair et compréhensible pour lui. Lors des premières évolutions de l’enfant dans la gestion de ses émotions, il peut être intéressant de valoriser les efforts et réussites (sans en faire trop !). Il s’agit ici, de le soutenir dans son développement et de lui montrer que vous avez confiance en sa capacité à évoluer.

Dans certaines situations, lorsque l’enfant se roule par terre, crie, tape, montre sa colère … la communication avec lui est alors impossible. L’isoler ne fera que nourrir l’insécurité qu’il peut ressentir lorsqu’il est submergé par ces émotions indomptables. Vous ne pouvez alors que rester près de lui et assurer sa sécurité physique. Il est alors possible d’intervenir lorsque vous pourrez communiquer avec lui et parler de ce qui vient de se passer.

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Quelques supports pour accompagner les émotions

  • Les livres : peuvent accompagner l’enfant dans sa compréhension des émotions (comment on peut les identifier à travers le corps, qu’est-ce qu’elles signifient ? ) par exemple : quand je suis en colère: je deviens rouge, mes sourcils se froncent et j’ai envie de crier. Ils montrent également à l’enfant à travers les personnages de l’histoire qu’il n’est pas le seul à se sentir submergé parfois, que ses émotions sont légitimes et qu’il peut trouver les moyens de les dompter.
  • Le jeu: Il en existe de nombreux, vous n’aurez que l’embarras du choix. Il permettent de se questionner et de s’identifier : qu’est-ce que cet enfant semble ressentir ? Pourquoi ?…
  • Des espaces pour se défouler : courir, crier… et d’autres pour se relaxer et se sentir en sécurité.

Vous l’aurez compris, l’enjeu ici n’est pas d’éviter toute situation pouvant créer tristesse, colère… bien au contraire ! Exprimer ses émotions est nécessaire au développement de l’enfant. Cela n’a rien de dangereux mais permet de libérer les tensions et de revenir à un état d’équilibre.

S’exprimer permet de s’affirmer et de devenir soi. Nous cherchons plutôt à accompagner l’enfant dans la compréhension des émotions qu’il est en train de ressentir et qu’il les identifie comme légitimes. Ainsi, il pourra ensuite apprendre à les gérer notamment en faisant face à la frustration. Cela demandera du temps et un accompagnement.

Plus facile à dire qu’à faire ! Pour être épaulé dans cette démarche, vous pouvez faire appel à des professionnels de la petite enfance. A vos côtés, ils vous aident à rétablir un équilibre dans votre vie de famille. Pour en savoir plus, renseignez-vous sur : Coaching parental Paris.

Les émotions de l’enfant : prendre du recul

Je pense qu’il est important de mettre cette démarche dans un certain contexte. Si l’expression des émotions est de plus en plus mise en avant, pour certaines familles qui culturellement n’ont pas évolué dans cette démarche, cela peut être compliqué. En effet, chaque famille définit ses codes et parfois il n’est pas dans la norme de montrer ses émotions en public par exemple. Chacun évolue à partir de sa propre histoire et avance pas à pas à son rythme.

¹ BINET Eric, Les pleurs de la petite enfance : une question d’attachement ? Impacts et accompagnement (2/2), Métiers de la petite enfance, n° 214, octobre 2014, p. 24